Le phénomène Edgar Cayce:

Les soins par le rêve

Luc Gruntz

Le rêve, porte ouverte sur l'au-delà

Journal spirite n° 108 

Une enfance hors norme

Edgar Cayce est né le 18 mars 1877 aux Etats-Unis dans une ferme de l'état du Kentucky, voisine de Hopkinsville et est décédé le 3 janvier 1945 à Victoria Beach.

Il connut une enfance turbulente où il se mettait dans des situations impossibles. Dès que ses parents le quittaient des yeux un instant, c'était la catastrophe. Son père, harassé par cette situation et ne disposant pas suffisamment de temps pour s'en occuper, embaucha un jeune homme pour être son compagnon et garde du corps.

Edgar était fasciné par son grand-père, avec qui il se passait d'étranges choses: une table qui s'élevait dans les airs, un balai posé contre un mur et qui soudainement se redressait et se mettait à danser autour de la pièce. Ce grand-père mourut lors d'une chute de cheval alors qu'Edgar avait à peine quatre ans. Bien plus tard, il se manifesta en lui souriant, le visitant souvent et ils bavardaient ensemble. Le père d'Edgar le surprit aussi à parler seul dans le jardin. Cherchant à comprendre avec qui il s'entretenait, sa réponse fut: " Mais je cause  avec mes petits camarades qui sont là."  En dehors de lui, personne ne voyait ces esprits. Ils arrivaient uniquement quand il était seul. Le temps passant, ses petits amis lui dirent qu'il était maintenant trop grand pour recevoir leur visite et ils disparurent.

A l'école, il était plutôt discret, passant une grande partie de son temps dans un monde spirituel mais tout en vivant normalement. A un moment donné, faute de maître, ce fut son père qui prit la direction de l'école et il constata alors les bizarreries et faiblesses de son fils. Il semblait que plus l'enfant s'efforçait d'apprendre une leçon et de concentrer son attention, plus son esprit s'égarait. Edgar ne retenait rien. Son père commençait à comprendre que son fils ne pouvait être qu'un idiot. A l'issue d'un exercice d'orthographe à nouveau raté, Edgar laissa tomber sa tête contre le dossier de sa chaise. Il ferma les yeux et aussitôt entendit clairement une voix de femme lui dire: " Pourquoi te débattre ainsi ? Tu as notre promesse. Laisse-nous t'aider."  L'enfant  s'assoupit. Son père le réveilla toujours en rage, et Edgar épela alors parfaitement chaque mot prononcé par ce dernier. Il donna ensuite tous les mots de la leçon et puis d'autres qu'il n'avait pas encore étudiés. il dit également à son père à quelle page ils se trouvaient et découvrit l'illustration de cette leçon car il voyait dans son esprit la page complète comme s'il feuilletait le livre. Le lendemain à l'école, il fit une exhibition d'orthographe qui stupéfia toute la classe. Personne ne comprenait ce mystère. Son père lui conseilla de dormir sur tous les autres livres traitant la géographie et le calcul pour lesquels il était un vrai cancre. Edgar suivit le conseil et restitua l'ensemble. Ainsi, il se rendit compte qu'il pouvait mémoriser ses manuels scolaires en dormant quelques instants, la tête appuyée dessus. Cette qualité s'évanouit avec le temps.

Plus tard, à l'issue d'un jeu avec les autres garçons, il se trouva sur la trajectoire d'une balle de Baseball qui le heurta dans le dos. En rentrant chez lui, il ne se sentit pas bien et sur l'insistance de son père, il se mit au lit et tomba dans une sorte de coma. Il commença à parler d'une voix claire et autoritaire et à décrire ce qui lui était arrivé, ainsi que le traitement approprié: " Pour me ranimer, il faut faire un cataplasme spécial qu'on m'appliquera sur la nuque." Il donna le nom de certaines herbes mélangées à des oignons crus, râpés. Dès que le cataplasme fut appliqué, il s'endormit d'un sommeil profond et normal. Le lendemain, il était complètement guéri.

Afin d'aider ses parents à élever ses quatre sœurs, toutes plus jeunes que lui, il quitta l'école à seize ans et entra dans la vie active. Il fut d'abord voyageur de commerce, puis peu de temps après il devint aphone à la suite de l'absorption d'un sédatif. les médecins et spécialistes se révélèrent impuissants à le guérir. Incapable de s'exprimer autrement que par le murmure, il dut changer d'occupation. On lui proposa un poste d'apprenti dans un studio photographique. Quelques mois plus tard, un hypnotiseur ambulant réussit à le faire parler normalement sous hypnose, mais dès qu'il l'éveilla, l'effet disparut. L'expérience fut renouvelée de façon différente. Edgar entra lui-même dans un état similaire à celui qui lui permettait de mémoriser ses livres de classe. Quand il fut endormi et au lieu de lui suggérer de retrouver sa voix, on lui demanda de se prononcer sur la cause de son mal et sur la façon d'y remédier. Edgar donna des instructions précises grâce auxquelles il recouvrit sa voix.

C'était donc dans un état particulier de sommeil qu'Edgar Cayce était capable de disserter sur des sujets d'ordre médical, philosophique, onirique, spirituel, historique ou autre. Les récits qu'il effectua furent appelés "lectures". On en compta plus de quatorze mille. En réalité, il s'agissait d’auto-hypnose. Au fur et à mesure que sa mission se développait tant par lui que par ceux qui l'entouraient, ce sommeil était conduit par une personne utilisant des suggestions appropriées lui permettant de donner des renseignements sur le sujet à traiter.

 

Cet état d'auto-hypnose n'était pas uniquement dirigé par sa propre volonté à s'endormir. Il s'agissait d'une forme de médiumnité qui était avant tout conduite par des Esprits connaissant leur médium et sa sensibilité particulière qui avait été décidée avec son guide dans l'au-delà, avant sa réincarnation sur terre.   

Les lectures médicales

Le protocole était toujours le même. Edgar Cayce s'allongeait sur un divan et sombrait dans le sommeil quelques minutes après. Certains signes physiques, tels la respiration profonde et le relâchement des muscles, indiquaient à l'assistance que le moment était venu de poser les questions. la personne chargée de la conduite des suggestions donnait l'identité du patient et les raisons de la visite pour lesquels Edgar Cayce devait établir un diagnostic et le traitement approprié, après en avoir décrit les symptômes et dysfonctionnements du corps. A son réveil, il ne se rappelait de rien et les propos indiqués dépassaient ses connaissances, n'ayant jamais reçu une quelconque formation médicale. En réalité, il se faisait sans le savoir, l'intermédiaire d'Esprits éclairés qui savaient pour la circonstance, traduire des acquis, résultats de leurs travaux spirituels et dans bien des cas, le fruit de synthèses diverses en y intégrant les trois composantes de tout être humain qui sont le corps, le périsprit et l'esprit.

Edgar Cayce faisait ses descriptions de deux façons:

  • Lorsqu'il sombrait dans son " sommeil médiumnique ", son corps au repos permettait à son esprit de le quitter aisément et de se rendre auprès d'un patient, qui pouvait habiter à l'autre bout du pays. Dans ces cas là, il lui arrivait de faire certains commentaires sur la personne, sa tenue vestimentaire, l'appréciation d'un mobilier, d'une décoration, ... tout cela en plaisantant, mais là s'arrêtait le rôle de son propre intellect. Sur le plan médical, les " Esprits médecins " se manifestaient à lui et lui indiquaient télépathiquement de quoi souffrait la personne, ainsi que la thérapie à appliquer. Edgar Cayce, dans un mécanisme inconscient et médiumnique, retraduisait, mot à mot,  ce qu'il avait entendu. Ainsi,  l'assistance de la séance, par le biais de son corps physique endormi, recevait le message des Esprits, sur le sujet à traiter.

  • Edgar Cayce, toujours endormi et ayant quitté son corps, pouvait voyager ou rester à proximité. Il était capable alors de décrire ce qu'il voyait ou percevait, la présence des Esprits se faisant plus forte. L'esprit du médium s'effaçait progressivement pour les laisser agir sur les fonctions vocales du corps endormi. Cela expliquait que les assistants de la séance entendaient de la bouche du médium une expression à la première personne du pluriel: " Nous avons là ... Nous voyons ici ..." En fait, il ne s'agissait pas de plusieurs Esprits, mais d'un seul qui se faisait  le porte-parole d'un groupe.

 

 

Exemples de lectures médicales

La lecture qui suit, fut réalisée sur une fillette de cinq ans nommée Aime Dietrich, gravement malade depuis trois ans. A la suite d'une grippe, son cerveau ne se développait plus et de violentes convulsions agitaient son corps. les médecins n'avaient pas de solution et son état continuait de se dégrader. Layne, ami d'Edgar Cayce, assista à la lecture et prit des notes. En sommeil hypnotique, Edgar parla avec autorité pour affirmer que c'était l'épine dorsale qui était atteinte. Le problème avait surgi peu avant que l'enfant ne s'enrhumât suite à une chute survenue en descendant d'une voiture conduite par un cheval [ événement confirmé après la lecture ]. Des microbes de la grippe s'étaient logés dans la partie traumatisée de la moelle épinière, engendrant les convulsions. Edgar recommanda à Layne de procéder à certaines manipulations ostéopathiques. Dans une lecture de contrôle, il mentionna que ces dernières n'avaient pas été correctement exécutées et donna de nouvelles instructions. L'amélioration de Aime fut progressive au bout de quelques jours, pour retrouver après trois mois une pleine santé et une normalité à tous égards.

Le docteur Ketchum sollicita une lecture. Il venait de se diagnostiquer une appendicite et voulait savoir si Edgar Cayce serait capable de la détecter. Celui-ci décela un trouble très différent et proposa un traitement simple. Afin de le ridiculiser, Ketchum consulta un confrère, lequel corrobora les déclarations d'Edgar Cayce. Ainsi, il fut persuadé de la véracité des lectures.

Quand George Dalton, riche entrepreneur de construction, se fractura la jambe et la rotule sur un chantier, plusieurs médecins lui dirent qu'il ne pourrait plus se déplacer normalement à cause de la gravité de la blessure au genou. Non satisfait du diagnostic, Dalton prit l'avis de son docteur ketchum. dans une lecture, Edgar ordonna de consolider la rotule avec des clous. Une telle méthode était inconnue à l'époque, mais le docteur Ketchum eut confiance en Cayce et pratiqua l'opération chirurgicale. En quelques mois, dalton marchait comme si l'accident n'était pas arrivé. 

Les soins

Les lectures médicales prescrivaient des soins très variés, entraînant tout type de thérapie. Il pouvait s'agir de cataplasmes, de traitements ostéopathiques, de massages, de prières, des remèdes traditionnels qui s'avéraient quelquefois très contraignants pour les patients, par des soins à renouveler toutes les heures ou plusieurs fois par jour. C'était une médecine complémentaire à la médecine officielle prenant en compte les données spirituelles et périspritales des patients.

A notre connaissance, la quasi-totalité des thérapies données par les Esprits avait un caractère universel, c'est-à-dire qu'elles pouvaient être appliquées à d'autres personnes souffrant des mêmes symptômes, sous réserve que cela ne relevait pas d'une cause antérieure nécessitant alors un traitement spécifique, mais qui, pour certains cas pouvait également être universel. Edgar Cayce donna plus de neuf mille " lectures de santé " ou " lectures physiques "  relatives à des questions médicales. Elles demeurent toujours d'actualité.

Interprétations et lectures des rêves

Les conseils de Cayce portaient aussi sur l'interprétation des rêves. Il pouvait les comprendre et montrer comment les utiliser de façon positive dans la vie quotidienne. Les centaines de lectures de Cayce réalisées sur ce sujet indiquent que nous savons sur nous-mêmes, plus de choses que nous le pensons.

Edgar Cayce encourageait chacun à l'interprétation et à l'utilisation de ses propres rêves dans la vie de tous les jours. Une lecture de rêves d'un patient incluait automatiquement l'interprétation par Cayce. Comme il le faisait dans ses lectures pour d'autres sujets, il interrompait souvent la personne qui relatait son rêve pour donner son interprétation immédiate. Il complétait parfois des parties de rêve supposément oubliées par le rêveur.

Au contraire de l'interprétation des rêves jungienne ou freudienne, il ne portait pas énormément d'attention aux symboles.  Il assurait aussi que dans leurs rêves, les gens pouvaient recevoir de précieuses intuitions qui leur étaient toujours utiles.

Il affirmait également qu'en dehors de ces intuitions, l'on pouvait communiquer avec des personnes chères vivantes ou non, se souvenir également d'expériences de vies antérieures, voire un futur possible et expérimenter nombre de phénomènes psychiques.

 

Interprétations médicales de rêves

Voici quelques exemples:

  • Un homme d'affaires rêva d'une parente qui venait de quitter l'hôpital après une opération importante: " Nous étions tous allés à la ferme, et elle rentrait à la maison, toute seule, en revenant de chez le médecin. Lorsqu'elle entra dans la pièce, je me cachai derrière la porte pour qu'elle ne me voie pas. elle était pâle et tremblante, et elle marmonnait quelque chose à propos d'une opération. Quelqu'un dans l'assistance dit qu'elle était presque hystérique." Ce rêve, dit Cayce, était un avertissement à cette parente; elle devait se reposer après son opération. La ferme signifiait que le rêve était " toute sensation" contrairement à un rêve relatif aux activités mentales. Le rêveur se cachait, car le rêve désignait une complication en train de se développer, ce qui conduirait à une seconde opération, si la parente était imprudente. Son allure " tremblante et hystérique " était là pour renforcer l'avertissement et montrer son espoir de guérir, sans avoir à souffrir de la douleur de son opération.

  • Un homme rêva qu'une éruption se produisait à l'instant où il se coupait en se rasant. Cayce déclara qu'il avait des toxines nécessitant un traitement ferrugineux. Lorsqu'il rêva ensuite de troubles glandulaires dans sa gorge, cela représentait un défaut de la fonction endoctrine, causé par de l'anémie.

  • Un homme rêva qu'il était soigné par une épine dans le pied par une femme médecin, alors qu'il se trouvait dans un grand magasin où les gens consommaient des glaces et des sodas. Cayce disait que l'épine dans le pied était le goût prononcé du rêveur pour les sucreries, et la femme médecin, un signe pour l'éloigner des sucreries.

  • Un homme rêva qu'on lui apportait une tasse de moka à la place de la tasse de café qu'il avait commandée. La signification de ce rêve était qu'il abusait de la caféine.

Cayce affirmait également que ce qu'il accomplissait dans ses interprétations médicales pouvaient facilement être reproduits dans les rêves si le rêveur en avait besoin et pouvait les comprendre.

Extraits des livres " L'homme du mystère, Edgar Cayce " de Joseph Millard et " Edgar Cayce, les rêves et la réalité " de Hamon H.Bro.

Luc Gruntz

Le rêve, porte ouverte sur l'au-delà

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