Camille Flammarion

( 1842 - 1925 )

" Un jour du mois de novembre 1861, passant sous les galeries de l’Odéon, je remarquai un ouvrage dont le titre me frappa : Le Livre des Esprits, par Allan Kardec. Je l’achetai et le lus avec avidité, plusieurs chapitres me paraissant s’accorder avec les bases scientifiques du livre que j’écrivais alors "La Pluralité des Mondes habités". J’allai trouver l’auteur, qui me proposa d’entrer  comme un membre associé libre, à la Société Parisienne des Études Spirites, qu’il avait fondée, et dont il était président. J’acceptai, et je viens de retrouver, par hasard, la carte verte signée de lui à la date du 15 novembre 1861. Telle est la date de mes débuts dans les études psychiques. J’avais alors dix-neuf ans, et j’étais depuis trois ans élève-astronome à l’Observatoire de Paris. " 

Extrait tiré du livre Les Forces Naturelles Inconnues  de Camille Flammarion.

 Dans ses Mémoires biographiques et philosophiques, parues en 1912, Camille Flammarion affirme: " J’ai eu l’heureuse fortune de voir naître l’analyse spectrale des corps célestes, la photographie du Soleil, des Planètes, des Comètes, des Etoiles, des Nébuleuses et toutes les méthodes qui, depuis un demi-siècle, ont substitué la vivante astronomie physique à l’ancienne et léthargique astronomie mathématique "

Son premier livre de vulgarisation, La pluralité des mondes habités est un ouvrage sur la présence de la vie, sur les planètes du système solaire. " Si l’on observe ainsi les planètes, c’est pour certes chercher à mieux les connaître, mais sommes-nous donc si sûrs d’être seuls dans le vaste Univers ? ".

Sa présence au sein de la Société Parisienne des Etudes Spirites, lui permet de rencontrer Théophile Gauthier,  Victorien Sardou, Victor Hugo. Il assiste ainsi aux séances d'écritures, de oui-ja et de tables tournantes, organisées tous les vendredis soirs. 

" A la même époque, et depuis plusieurs années déjà, mon illustre ami Victorien Sardou, qui avait quelque peu fréquenté l’Observatoire, avait écrit, comme médium, des pages curieuses sur les habitants de la planète Jupiter, et produit des dessins pittoresques et surprenants ayant pour but de représenter des choses et des êtres de ce monde géant. Il avait dessiné les habitations de Jupiter. "

A la mort d' Allan Kardec, le 31 Mars 1969, Camille Flammarion a 27 ans.

Lors des obsèques, le 2 Avril 1969, il prononce un discours, dont voici un extrait: " Car, messieurs, le spiritisme n’est pas une religion, mais une science, science dont nous connaissons à peine l’A B C. Le temps des dogmes est fini. La Nature embrasse l’Univers, et Dieu lui-même, qu’on a fait jadis à l’image de l’homme, ne peut être considéré par la métaphysique moderne que comme un Esprit dans la Nature. Le surnaturel n’existe pas. Les manifestations obtenues par l’intermédiaire des médiums, comme celles du magnétisme et du somnambulisme, sont de l’ordre naturel, et doivent être sévèrement soumises au contrôle de l’expérience. Il n’y a plus de miracles. Nous assistons à l’aurore d’une science inconnue. Qui pourrait prévoir à quelles conséquences conduira dans le monde de la pensée l’étude positive de cette psychologie nouvelle ! "

En 1882, un admirateur, riche propriétaire bordelais, offre à Camille Flammarion une propriété à Juvisy-sur-Orge dans l'Essone à 20km au sud de Paris.  Camille Flammarion, avec sa femme Sylvie, s’empresse, dès 1883, de transformer la bâtisse en observatoire astronomique.

Camille Flammarion souhaite faire de son observatoire un condensé de sciences, un laboratoire, un pôle d’expérimentation complet ne se limitant pas à l’astronomie. Il s’intéresse à l’étude de la variation des conditions atmosphériques de la Terre, de l’influence du Soleil sur notre planète. Ses études en la matière le poussent à faire plusieurs voyages en ballons.

L’astronome organise dans son observatoire des séances de spiritisme. Intéressé par les médiums à effets physiques, il rencontre en 1897 Eusapia Paladino, célèbre médium italienne et assiste aux diverses manifestations. Passionné de photographie [ son père était employé aux studios Tournachon-Nadar ], Camille Flammarion photographie des tables en lévitation, très difficile à une époque où les moyens techniques étaient loin du niveau actuel.

 " Cette femme s’élève en l’air, quels que soient les liens qui la retiennent ; elle reste ainsi, paraissant couchée dans le vide, contrairement à toutes les lois de la gravité ; elle fait résonner les instruments de musique : orgues, cloches, tambours, comme s’ils étaient touchés par des mains ou agités par le souffle de gnomes invisibles."

" L’hypnotisme, on le sait, ne cause que l’illusion d’un moment ; après la séance tout reprend sa forme primitive. Mais ici le cas est différent: pendant les jours qui suivent ces scènes merveilleuses, il reste des traces, des documents dignes de considération. Que pensez-vous de cela ? Mais permettez-moi de continuer. Cette femme, en certaines occasions, peut grandir de plus de dix centimètres ...".

Dans l’addition des ouvrages de vulgarisation scientifique, des brochures, des romans, des ouvrages philosophiques, des ouvrages spirites et autres publications diverses, c'est plus de 80 écrits qu’il donne en héritage à celles et ceux qui cherchent.

C’est vers un autre horizon qu’il se dirige le 4 juin 1925, quittant les terres de son domaine de Juvisy, où il avait réservé, dans le parc, une place pour sa tombe. Il aimait dire :

" Voilà ma tombe, elle est prête, je descendrai un soir de mon cabinet pour prendre ma place".

Sources :

* Les Forces Naturelles Inconnues de Camille Flammarion,

  édition de 1907, Gallica.bnf.fr/BnF 

* Mémoires biographiques et philosophiques  d'un astronome

  de Camille Flammarion, édition de 1912, Gallica.bnf.fr/BnF