Léon Denis

( 1846 - 1927 )

Léon Denis est né en Meurthe et Moselle, dans la ville de Foug, auprès d'un père maçon et d'une mère, femme au foyer. Les revenus de ses parents ne lui permettant pas de poursuivre ses études, Léon Denis va, dans un premier temps, occuper des emplois de manœuvre; mais son intelligence très vive et son goût du savoir vont lui permettre d'accéder rapidement à des postes de commis administratif et comptable.

Ce passionné de géographie, d'histoire, de philosophie, de littérature est attiré par Dieu, mais rebuté par les Eglises.

Le hasard va l'amener devant la devanture d'une librairie de Tours, et un titre va l'interpeller : Le Livre des Esprits de Allan Kardec. 

Léon Denis a alors 17 ans.

Ses premières expériences avec des amis sont loin de le satisfaire; il cherche des preuves, des faits précis.

" Il semble en effet, que l’invisible veuille nous éprouver, mesurer notre degré de persévérance, exiger une certaine maturité d'esprit avant de nous livrer ses secrets ".

Mais, convaincu que le spiritisme est la réponse à ses interrogations sur le monde, il va diffuser l'idée spirite au travers de conférences, aidé en cela par son talent d'orateur.

C'est en 1867, à Tours, qu'il fait la rencontre d' Allan Kardec. Suite à cet événement, il fondera  le groupe de la rue du cygne à Tours, dont il deviendra secrétaire. Deux autres rencontres auront lieu, dont une à Paris en 1869, peu de temps avant le décès d' Allan kardec, qui interviendra au mois de Mars.

En 1869, Léon Denis sera également admis au sein de la Franc-maçonnerie, à la loge des "Démophiles" ( amoureux du peuple ), où il effectuera un travail considérable.  Mais c'est le spiritisme qui emportera sa préférence.

Après la guerre de 1870, il continuera sans relâche son travail de diffusion du spiritisme, son emploi de représentant de commerce lui permettant de voyager en France, en Italie, en Tunisie, en Afrique du Nord.

En Mars 1885, il devient vice-président de l'Union Spirite Française, fondée en décembre 1882. Il y côtoie Amélie Boudet, veuve d'Allan Kardec, Gabriel Delanne, Pierre-Gaëtan Leymarie. Il est reconnu autant comme orateur, que comme rédacteur régulier des revues spirites et auteur d'ouvrages, dans la droite ligne de l'enseignement d'Allan Kardec.

En 1898, après la parution du livre Christianisme et Spiritisme, il s'attirera les attaques venant des milieux protestants et catholiques. Dans sa préface, il écrit " Nous savons tout ce que la doctrine du Christ contient de sublime; nous savons qu'elle est par excellence une doctrine d’amour, une religion de pitié, de miséricorde, de fraternité parmi les hommes. Mais est-ce bien cette doctrine qu’enseigne l’Eglise romaine ? La parole du Nazaréen nous a-t-elle été transmise pure et sans mélange, et l’interprétation que l’Eglise nous donne est-elle exempte de tout élément étranger et parasite ? ".

Au congrès spirite de 1900, cette question essentielle est abordée: " Y a-t-il lieu d’affirmer l’existence de Dieu ? "

Léon Denis ne peut pas rester en dehors d’un tel débat.

" Vous ne pouvez pas séparer l’effet de la cause, vous ne pouvez pas séparer l’homme de Dieu. Et je dis plus encore : en dehors de Dieu, de l’affirmation de Dieu, il n’y a pas d’humanité. Parce que la notion d’humanité,
n’est-ce pas ce fait que nous sommes reliés les uns aux autres  par un lien puissant, reliés par une identité de nature d’origine et de fin ? Et tout cela est Dieu, tout cela vient de Dieu. Dieu est le père de l’humanité : nous sommes tous ses enfants et c’est par cela que nous sommes unis les uns aux autres à jamais."

 

La grande guerre de 1914 va suspendre les progrès du spiritisme. 

Léon Denis, très amoindri physiquement et quasiment aveugle, va apprendre le braille et s'octroyer les services d'une secrétaire, Claire Baumard, qui restera à ses côtés avec fidélité et dévouement, jusqu'à sa mort.

Jean Meyer, industriel fortuné, converti au spiritisme, lui propose la place de président, au sein de la nouvelle Union Spirite. Mais Léon Denis, dont la santé est défaillante, refuse et accepte néanmoins l'honorifique présidence d'honneur.

 
En 1924, il se consacrera entièrement à l'étude de la question sociale, dans ses rapports avec le spiritisme.

Le socialisme que préconise Léon Denis se confond avec celui de Jean Jaurès, tout pénétré d’idéalisme et d’un sentiment profondément humain.

 

Le congrès de 1925 à Paris sera son dernier mandat. Les représentants de 24 nations seront présents et une soixantaine de journaux rendront compte des séances. 
C’est durant ce congrès qu’est scellée l’amitié entre Léon Denis et sir Conan Doyle. Léon Denis affectionne le grand romancier anglais pour le courage qu’il apporte à répandre, par l’écrit et par la parole la nouvelle révélation.

 

Léon Denis va ensuite se retirer définitivement à Tours, où il décédera le 12 Avril 1927, après avoir terminé son dernier ouvrage Le Génie Celtique et le Monde Invisible.​

Dans l’ouvrage Le Problème de l'être et de la destinée , Léon Denis nous déclare :

“ J’ai gravi péniblement les sentiers de la vie ; mon enfance a été dure. De bonne heure, j’ai connu le labeur manuel et les lourdes charges de famille. Plus tard, dans ma carrière de propagandiste, je me suis meurtri aux pierres du chemin ; j’ai été mordu par les serpents de la haine et de l’envie. Et maintenant l’heure crépusculaire est venue pour moi ; les ombres montent et m’entourent ; je sens décliner mes forces et s’affaiblir mes organes.

Mais jamais l’aide de mes amis invisibles ne m’a manqué; jamais ma voix ne les a évoqués en vain, depuis mes premiers pas en ce monde, leur influence m’a enveloppé. C’est à leur inspiration que je dois mes meilleures pages, mes accents le plus vibrants.

Ils ont partagé mes joies et mes tristesses et quand l’orage grondait, je les savais debout près de moi sur le chemin. Sans eux, sans leur secours, depuis longtemps j’aurai dû interrompre ma marche, suspendre mon labeur. Mais leurs mains tendues m’ont soutenu, dirigé dans la voie âpre.

Quelques fois dans le recueillement du soir ou le silence de la nuit, leurs voix me parlent, me bercent, me réconfortent ; elles résonnent dans ma solitude comme une vague mélodie. Ou bien, ce sont des souffles qui passent, semblables à des caresses, des sages conseils murmurés, des indications précieuses sur les imperfections de mon caractère et les moyens d’y remédier.

Que vers vous tous, esprits tutélaires, entités protectrices, monte ma pensée reconnaissante, le meilleur de moi-même, le tribut de mon admiration et de mon amour.” 

Sources :

* Le problème de l'être et de la destinée,

 édition de 1908, Gallica.bnf.fr/BnF

* Christianisme et Spiritisme de Léon Denis

* Le journal spirite n° 93 , de Septembre 2013